Peste porcine : après avoir décimé 22,5% du cheptel, l’épizootie est désormais maîtrisée à l’Ouest du Cameroun

Peste porcine : après avoir décimé 22,5% du cheptel, l’épizootie est désormais maîtrisée à l’Ouest du Cameroun

L’espoir d’une reprise des activités en toute sérénité renaît chez les éleveurs de porcs de la région de l’Ouest du Cameroun. Selon les responsables locaux du ministère de l’Élevage et les dirigeants de l’interprofession, l’épizootie de peste porcine africaine (PPA), qui s’est déclarée dans cette partie du pays au mois de juin 2021, est désormais maîtrisée. « Tous les résultats sont revenus négatifs du Laboratoire national vétérinaire (Lanavet) de Yaoundé », a confié au Quotidien Cameroon Tribune le président de l’interprofession des éleveurs de porcs pour la région de l’Ouest, Bernard Souop Ngeutchouessi.

À en croire ce dernier, les éleveurs de l’Ouest attendent simplement que les derniers rapports des responsables locaux du ministère de l’Élevage soient transmis à leur hiérarchie, pour que les mesures de restriction mises en place depuis juillet au sujet de la circulation et la commercialisation des porcs soient levées. Ceci, afin que la page de la dernière épizootie de PPA, qui a officiellement tué ou provoqué l’abattage de 90 000 porcs (22,5%) sur les 400 000 têtes du cheptel de la région de l’Ouest, soit définitivement tournée. Avec pour conséquence une reprise de la production et la garantie d’approvisionnement des marchés lors des fêtes de fin d’année qui pointent à l’horizon.

Pour rappel, c’est par lettre datée du 25 juin 2021, que le ministre de l’Élevage, le Dr Taïga, a révélé la survenue d’une épizootie de PPA dans le pays et principalement dans le bassin de production de l’Ouest. « Des cas confirmés de peste porcine africaine ont été rapportés dans plusieurs régions du pays depuis quelques semaines, au Réseau d’épidémiosurveillance des maladies animales du Cameroun (Rescam) ». Aussi, ce membre du gouvernement prescrit-il à ses collaborateurs dans les 10 régions, des mesures en vue de la « gestion de l’épizootie (...) en cours ».

Impact limité

Face à la gravité des signaux perçus dans sa circonscription de commandement, le gouverneur de la région de l’Ouest va monter au créneau le 16 juillet 2021. Dans un arrêté signé ce jour-là, Awa Fonka Augustine annonce la fermeture temporaire sur l’ensemble du territoire de la région de l’Ouest, des marchés de commercialisation des porcs et des sous-produits des fermes porcines, et l’interdiction de circulation et de transport de ces mêmes produits. À en croire le gouverneur, « ces mesures préventives visent à faire face aux risques de propagation de la maladie et à protéger le cheptel porcin dans la région de l’Ouest ». À en croire les éleveurs et les responsables locaux du ministère de l’Élevage, trois mois plus tard, ces mesures ont porté des fruits.

Au demeurant, en dehors des impacts observés sur le commerce de la viande de porc dans la région de l’Ouest et des localités environnantes, cette épizootie n’a eu qu’une incidence très limitée dans le pays. Ceci dans la mesure où l’approvisionnement des deux principales villes du Cameroun et de nombreuses autres cités s’est poursuivi à partir des régions septentrionales, devenues les principaux bassins de production de porcs au terme de l’épizootie de PPA de 1982, qui avait officiellement décimé 80% du cheptel camerounais.

« Le développement de l’élevage porcin dans le bassin du Logone a été dopé par l’épidémie de peste porcine africaine survenue en 1982 dans les élevages intensifs du Sud du Cameroun. Il s’agissait alors d’approvisionner les villes de Yaoundé et de Douala en viande de porc locale, en complément du recours aux importations de viandes congelées. En quelques années, le porc du Logone est devenu un produit compétitif sur ces marchés, en concurrence avec des viandes de diverses origines », explique le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) dans une note sur la filière porcine camerounaise.

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